Bruit du frigo est un collectif de création urbaine fondé en 1997, qui regroupe architectes, artistes, urbanistes, médiateurs et constructeurs.

Bruit du frigo réalise des projets artistiques, participatifs et contextuels sur l’espace public, mêlant installations et scénographies urbaines, micro-architectures, actions collectives et événements culturels.

A la croisée entre art, territoire et population, notre démarche vise à favoriser la transition vers un urbanisme durable, partagé et accueillant, en proposant des façons alternatives d’imaginer et de fabriquer notre cadre de vie, et en explorant des formes nouvelles d’espace public.

Défricheurs d’espaces, activateurs d’usages, générateurs d’urbanité, nos dispositifs de prospective urbaine et d’émulation citoyenne se fondent sur une approche décalée, ludique et poétique. Ils se déploient à petite et à grande échelle, de manière éphémère ou pérenne, à partir d’une immersion concrète dans le réel et d’une attention particulière aux pratiques quotidiennes.

Bruit du frigo initie ses propres projets et accompagne ceux portés par les collectivités publiques, les structures sociales et culturelles ou la société civile. Nous intervenons dans le cadre de processus de transformation urbaine et d’aménagement du territoire, de manifestations culturelles ou d’événements artistiques.
Selon les projets, le collectif collabore avec d’autres équipes de concepteurs : architectes, urbanistes, paysagistes, artistes, ingénieurs… 

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Peut-on imaginer un urbanisme alternatif à l’urbanisme planificateur, «fait pour durer»?
  • Un urbanisme de préfiguration, qui défriche et teste des possibles,
  • Un urbanisme de situation, qui révèle et augmente le potentiel poétique et d’usage des lieux,
  • Un urbanisme laboratoire, qui mise autant sur le processus que sur le résultat,
  • Un urbanisme permissif, qui offre une place réelle à l’informel et à l’imprévu,
  • Un urbanisme activiste, qui encourage les initiatives d’appropriation et d’autoconstruction,
  • Un urbanisme stimulant, qui lutte contre l’appauvrissement de l’espace public et le repli sur soi,
  • Un urbanisme de transition, vers une ville durable, partagée et accueillante…
Ville créative et développement désirable, vers une fabrique urbaine coopérative et citoyenne.

Si le développement du projet démocratique demeure un enjeu de nos sociétés, alors un nombre croissant d’individus devrait trouver les possibilités d’avoir prise sur la fabrique permanente du monde où l’on vit.
La coproduction de nos espaces communs passe par l’invention de formes innovantes de coopérations entre décideurs, concepteurs et usagers.

L’urbanisme coopératif suppose de rompre avec la domination des spécialistes et de redonner du pouvoir et de la capacité d’agir à la société civile. Il implique de miser sur l’imaginaire et la créativité des citoyens et de promouvoir les dynamiques collectives. Il nécessite, enfin, de repenser le rôle possible des architectes, comme facilitateurs, compagnon d’action, agent poétique et activiste du quotidien.

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Au début…

La démarche de Bruit du frigo a été initiée en 1995 par Gabi Farage et Yvan Detraz, alors étudiants en architecture à Bordeaux. L’association loi 1901 Bruit du frigo a été crée en 1997.

Bruit du frigo naît de la prise de conscience d’étudiants en architecture qui réalisent un jour qu’ils ne trouvent pas dans la formation ce qu’ils viennent y chercher. Le principal constat était le décalage déconcertant entre ce que l’école transmettait et les réalités urbaines et sociales complexes qu’elle ne prenait pas en compte. La formation semblant occulter la responsabilité sociétale de l’architecte, le réduisant à son unique rôle de producteur d’espaces. Nous adhérions davantage aux fondements éthiques et politiques de la discipline qu’aux réalités de la profession.

Nous décidions alors, en parallèle des études, d’investir la rue pour y chercher ce que nous ne trouvions pas dans l’école : une culture du quotidien et du réel, une relation active et créative avec les lieux et les gens.

Comment les habitants vivent la ville et s’approprient les espaces publics ? Quels sont leurs besoins, leurs rêves ? Qu’est-il possible d’inventer pour améliorer notre cadre de vie ? Comment profiter davantage de nos villes ? Qu’ont-elles encore à nous offrir, comme émotions et expériences ?… Autant de questions que nous voulions mettre au travail sur le terrain avec la population, en inventant une autre manière d’être architecte, en dehors du modèle traditionnel des agences d’architecture.

Nous recherchions également l’apport d’autres disciplines, artistiques, scientifiques, sociales…, considérant que l’architecte seul, ne peut rien, et que l’unique façon d’appréhender la complexité urbaine consiste à élaborer une culture partagée et pluridisciplinaire.

Nous voulions enfin nous frotter à l’acte de construire et faire usage de nos mains, pour expérimenter directement la matière, les techniques, apprendre en réalisant et s’ouvrir au champs de l’autoconstruction.

Les premières années d’expérimentation et d’autoformation sur le terrain ont aidé à conforter une prise de position et une forme d’engagement social et politique. Elles ont aussi permis de déceler auprès de la société civile un besoin profond de participation à la fabrique de la ville qui nous a conduit à façonner une démarche, des outils et des méthodes et à développer un projet professionnel.


Bruit du frigo is an urban creation studio founded in 1997, which brings together architects, artists, urban designers, mediators and builders.

Bruit du frigo carry out artistic, participative and contextual projects on public space, combining urban installations, micro-architectures, collective actions and cultural events.

At the crossroads of art, territories and populations, our approach aims to promote the transition to sustainable, shared and welcoming cities, by proposing alternative ways of imagining and building our living environment and by exploring new forms of public space.

As pioneers of spaces, activators of uses, generators of urbanity, our urban prospective and citizen emulation tools are based on an offbeat, playful and poetic approach. They are deployed on a small and large scale, in an ephemeral or permanent way, based on a concrete immersion in reality and a particular attention to daily practices.

Bruit du frigo initiates its own projects and accompanies those carried out by public authorities, cultural and social structures or civil society.
We are involved in urban transformation and spatial planning processes, cultural events or artistic events.
Depending on the project, the collective works with other design teams : architects, urban designers, landscape architects, artists, engineers…

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Can we imagine an alternative to urban planning, « made to last » ?
  • An urbanism of prefiguration, which explores and tests possibilities,
  • A situational urbanism, which reveals and increases the poetic and use potential of spaces,
  • A laboratory urbanism, which focuses as much on the process as on the result,
  • A permissive urbanism, which offers a real place to the informal and the unexpected,
  • An activist urbanism, which encourages appropriation and self-construction initiatives,
  • A stimulating urbanism, which fights against the impoverishment of public space and withdrawal into oneself,
  • A transitional urbanism, towards a sustainable, shared and welcoming city…

 

Creative city and desirable development, towards a cooperative and citizen urban fabric.

If the development of the democratic project remains an issue for our societies, then an increasing number of individuals should find the possibilities of having control over the permanent fabric of the world in which we live.
The co-production of our common spaces requires the invention of innovative forms of cooperation between decision-makers, designers and users.
The cooperative urbanism means breaking with the domination of specialists and restoring the power and capacity to act to civil society. It implies building on the imagination and creativity of citizens and promoting collective dynamics.
Finally, it requires a rethinking of the possible role of architects as facilitators, companions in action, poetic agents and activists of everyday life.

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At the beginning….

The Bruit du frigo approach was initiated in 1995 by Gabi Farage and Yvan Detraz, then architecture students in Bordeaux.  The association loi 1901 Bruit du frigo was created in 1997. 

Bruit du frigo is born from the awareness of architecture students who one day realize that they do not find in training what they are looking for. The main finding was the disconcerting gap between what the school was transmitting and the complex urban and social realities that it did not take into account. The training seems to conceal the social responsibility of the architect, reducing him to his unique role as a producer of spaces. We were more concerned with the ethical and political foundations of the discipline than with the realities of the profession.

We then decided, in parallel to our studies, to move onto the street to look for what we could not find in the school : a culture of everyday life and reality, an active and creative relationship with places and people.

How do the inhabitants live the city and appropriate public spaces ? What are their needs, their dreams ? What can be invented to improve our living environment ? How can we enjoy our cities more ? What else do they have to offer us, as emotions and experiences ?…. All these questions that we wanted to put into work with the population, by inventing another way of being an architect, outside the traditional model of architectural studios.

We also looked for the contribution of other disciplines : artistic, scientific, social…, considering that the architect alone cannot do anything, and that the only way to approach urban complexity is to develop a shared and multidisciplinary culture.

Finally, we wanted to experience the act of building and use our hands to directly experiment with materials and techniques, to learn by doing and to open up to the field of self-construction.

The first years of experimentation and self-training on the street helped to reinforce a position and a form of social and political commitment. They also made it possible to identify a deep need among civil society for participation in the urban fabric, which led us to shape an approach, tools and methods and to develop a professional project.